Le grainage de la pierre

Ce glossaire n'est pas organisé par ordre alphabétique, il suit les étapes de la réalisation d'une lithographie et désigne différents outils ou étapes.
Nous avons repris quelques définitions sur d'autres sites bien documentés, merci à eux.
 
La réalisation d'une lithographie se décompose en cinq grandes parties. 
 
  • Le grainage de la pierre
  • Le dessin 
  • La préparation 
  • L'impression
  • La justification du tirage
Première étape, le grainage de la pierre
 

 
Le Dressage de la pierre

Action d'uniformiser l'épaisseur de la pierre, d'aplanir sa surface.

Des grainages réalisés de manière incorrecte, c'est-à-dire en ayant frotté les pierres plus d'un côté que de l'autre ou encore en ayant trop insisté au centre des pierres, ont pour conséquence de créer des différences d'épaisseur, des concavités et convexités de la surface de la pierre.

Cela posera des problèmes à l'impression et donnera à voir des manques d'encre sur les épreuves...

Lien vidéo pour remédier à ces problèmes...

Le Grainage
 Opération qui consiste à déposer un abrasif mélangé à de l'eau pour poncer la surface de la pierre afin de : 
  • Donner des grains réguliers sur la surface d'une pierre lithographique.
  • Retirer le dessin précédemment dessiné et son image fantôme.
  • Sensibiliser la pierre au gras en retirant la gomme arabique qui a pénétré sa surface sur quelques microns lors de la dernière impression.

Le grainage permettra au dessinateur d'obtenir des demi-teintes de crayon ou d'autres effets grâce aux différents grains ou de travailler à la plume si la pierre est très finement grainée et polie.

On pourrait comparer les demi-teintes formées par le grain de la pierre aux trames photomécaniques que l'on retrouve sur les affiches ou les magazines actuels.

Pour grainer on utilise du sablon tamisé, du corindon ou du carborundum.

 Les matrices lithographiques sont des pierres calcaires, principalement composées de carbonate de chaux, d'épaisseur et de formats différents allant du blanc écru au gris foncé pour leurs couleurs. 

Les pierres proviennent généralement de Bavière (« solenhofen »), de Rhénanie, de Saxe, de France (Dauphiné) et de Suisse.( exemple de carrière en Bavière)

Pour voir les différents formats de pierre vous pouvez voir le site de Polymetaal, vous suivez "matériel pour la lithographie" puis pierres lithographiques ...

Les pierres de Chateauroux en France, Indre en région Centre-Val de Loire.

Autre information sur le calcaire lithographique.

 Le tamis

Un tamis lithographique est un outil formé d'un cadre et d'un maillage métallique plus ou moins fin.

Il sert à tamiser le sablon et à sélectionner les défférents grains afin d'obtenir le grainage de la surface de la pierre.
Ce grainage permettra au dessinateur de travailler soit à la plume si la pierre est très finement grainée et polie ou d'obtenir des demi-teintes de crayon ou d'autres effets grâce à des grains moyens...
70/100/120/150 peuvent être les ouvertures de plus en plus fines de la maille, le chiffre correspondant au nombre de fils par pouce ou par centimètre suivant les conversions.
Le lithographe débute le grainage, la plupart du temps,par le grain le plus gros.
 
Le bourriquet
 Le bourriquet est un outil rotatif qui sert à grainer et à dresser les pierres.
Il permet de ne pas utiliser deux pierres pour le grainage... 
Exemple de bourriquet en cliquant sur ce lien
 
Le sablon
Un sablon est un sable fin utilisé comme abrasif, il servira à grainer, de manière plus ou moins fine, la pierre lithographique.
 
Le corindon
 Suivre ce lien wikipédia
Son usage en lithographie correspond au sablon mis à part que l'on peut le déposer directement sur la pierre sans le tamiser.
 
Le carborundum
 Carbure de silicium
  1. Composé carboné
  2. Le carbure de silicium est un minéral presque exclusivement artificiel qui peut être considéré comme un semi-conducteur lorsqu'il est monocristallin ou comme une céramique lorsqu'il est polycristallin. Il est composé de silicium et de carbone. Wikipédia

​Même utilisation que le corindon.

Voir un exemple chez un fournisseur avec ce lien
 
Le polissage
Le polissage de la pierre consiste a retirer tous les grains de la surface de la pierre afin qu'elle devienne totalement lisse.
Cette opération facilite le travail de la plume ou prépare la surface à certains reports ou insolation.
La plupart du temps le lithographe utilise une pierre ponce, en fin de grainage, qu'il frotte par rotation sur toute la surface de la pierre mouillée.
 
L'image fantôme
 L'image fantôme sur une pierre lithographique est la marque résiduelle et grasse du précédent dessin.
Il faut veiller à la retirer le plus possible lors du grainage au risque  voir surgir l'ancien dessin durant l'impression suivante.
Lorsqu'il est difficile de retirer cette image fantôme, le préparateur acidulera avec plus de soin et de force cette trace légèrement visible.
 
La lime ou le rifloir
 Ils servent à adoucir les bords de pierre pour éviter les problèmes suivants.
  • Encrage des bords qui se reporterait sur l'épreuve au moment du tirage.
  • Ecrasement du papier dû à l'arrête trop vive des contours.
  • Rayures occasionnées sur la surface de la pierre en raison de l'émiettement des bords au moment du grainage.
  • Ecrasement des râteaux de presse lorsque ceux-ci sont plus larges que la pierre.

Voir une autre manière d'adoucir les bords de pierre sur ce lien.

 

La sensibilisation de la pierre

Certains lithographes ont coutûme de dire qu'une fois grainée la pierre est sensibilisée.

En effet la pierre calcaire lithographique a une grande propriété d'absorption de la graisse, c'est ce qui permet au dessin de pénétrer et de se fixer dans la pierre.

Une fois grainée la pierre est donc très sensible au gras...

L"étape chimique appelée préparation aura pour effet de désensibiliser la pierre au gras....

 

Suite du glossaire en suivant la page consacrée au dessin.

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